Le candiru : un poisson qui s’introduit dans le pénis!

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Il est vrai que les eaux troubles de l’Amazone sont assez connues à cause du célèbre poisson carnassier piranha qui y sème la terreur. Mais, il y a un autre poisson que les aborigènes ainsi que les tribus qui vivent à proximité du fleuve redoutent encore plus. Il s’agit du candiru, un poisson de 13 centimètres dont la technique pour obtenir le sang de ses victimes consisterait à s’infiltrer dans leur pénis. Après la crevette pistolet, le cowboy des fonds marins, voici ce qu’il y a à savoir sur le candiru.

Les caractéristiques du Candiru

Tout comme le requin, le candiru, petit poisson d’Amazone de la famille des trichomycteridae, est enivré par l’odeur du sang, mais aussi par celle de l’urine selon certaines anecdotes. Il désigne généralement le genre Vandellia, dont on recense près d’une douzaine d’espèces. Si les plus grands sont en mesure d’atteindre les 40 centimètres, la plupart des espèces se cantonne à une taille modeste ; pas plus de 15 cm. Des poissons de petite taille, mais qui sont assez connus pour leur mode de parasitage.

En effet, le candiru, Vandellia cirrhosa (décrite pour la première fois en 1846), apparenté à un poisson-chat s’insérerait par l’urètre du pénis. Ceci dans l’objectif d’y pénétrer pour s’accrocher aux parois de l’organe et se nourrir du sang de sa victime. Pour cela, le parasite dispose d’épines qui sortent de sa tête. Toutefois, même s’il avait une préférence pour le parfum d’ammoniaque que dégage l’urine, il faut souligner que toute porte d’entrée est la bienvenue pour le candiru. Il n’hésite donc par à s’attaquer aussi à des animaux afin de passer par d’autres orifices.

Malgré sa petite taille, cette espèce de poisson est très crainte en plus d’être difficilement repérable par rapport au fond du fleuve. Par ailleurs, le Dr Anoar Samad, chirurgien urologue, ayant pris en charge un jeune Amazonien en 1997 témoigne :

il faut une intervention par voie endoscopique pour attraper le poisson grâce à une pince-alligator. Aussi, il faut qu’il soit mort, sinon le retirer serait très difficile et traumatisant pour le patient.

En ce qui concerne son habitat, le candiru fait partie des nombreuses espèces peu connues peuplant le fleuve Amazone. On le retrouve particulièrement dans les bassins de ce fleuve ainsi que ceux du Rio Negro. C’est donc en eau douce (surface et profondeur) que vit ce parasite. Grâce à des observations réalisées jusqu’à 90 mètres de profondeur des fosses de l’Amazone, son aspect a été clairement identifié :

  • petit poisson de 13 à 15 cm
  • une tête et un corps translucide. Ce dernier qui peut proéminent, surtout après un bon repas, présente un dos gris et un ventre blanc
  • présence de barbillons autour de la tête (une caractéristique des poissons-chats) avec plusieurs épines assez fines pour s’accrocher à la victime.

C’est donc en raison des hypothèses liées à son régime alimentaire qu’on lui a donné le surnom de vampire. En effet, parmi près de 48 000 espèces de vertébrés, le candiru est l’une des 20 espèces rares à se nourrir principalement de sang.

Parasitage et prédation

mesure du poisson vampire candiruNombreuses sont les anecdotes peu attrayantes sur le web concernant le parasitage et la prédation chez le candiru. Le poisson a même fait une apparition dans l’un des épisodes de la série Grey’s Anatomy et dans des œuvres littéraires comme le Festin Nu de William S. Burroughs. Mais qu’en est-il réellement ? Théoriquement, plusieurs articles scientifiques ont eu à valider l’hypothèse selon laquelle le poisson s’introduisait dans les pénis pour y consommer le sang de sa victime.

Ce qui est surfait, puisque les habitudes de parasitage du candiru concernent particulièrement de plus gros poissons. Et ce sont plus précisément les rejets de leurs branchies que le parasite est en mesure de repérer afin de se harnacher à l’intérieur pour sectionner une artère ventrale ou dorsale. Ce qui lui permet ainsi de se nourrir des restes de repas et du sang évacué par les appendices. Une attaque assez rapide, vu que cela peut généralement se faire entre 30 et 145 secondes. Aussi, il est important de souligner que techniquement aucun mécanisme actif de prélèvement n’est utilisé par le parasite. Le simple fait d’exercer une pression suffit pour gonfler le candiru qui se gorge de sang.

Le candiru et l’homme

Comme souligné précédemment, c’est donc à tort que l’on attribue des caractéristiques de vampire à ce poisson des eaux douces de l’Amazone. Mais cela reste envisageable, puisqu’en 1997 le chirurgien urologue Anoar Samad a assisté un jeune homme de 23 ans dont l’urètre a été obstrué après avoir été attaqué par un candiru. Il s’agit, pour le moment, du seul cas documenté.

Plusieurs hypothèses ont donc été émises pour tenter d’expliquer cette étrange attaque. Selon certaines, le candiru aurait confondu le flux d’urine avec les produits de transpiration, contenant de l’urée, rejetés par les branchies de ses proies habituelles. Une hypothèse qui, par contre, a été remise en cause parce que le poisson ne semble pas vraiment apte à détecter la composition chimique de son environnement. Alors ce qui semble beaucoup plus plausible, c’est que le candiru chasse à partir d’indices visuels ou en repérant des flux caractéristiques de l’expulsion d’eau par les branchies. De ce fait, l’orifice ouvert lorsque l’homme urine serait comme une cavité générant un micro-courant. Le petit poisson peut ainsi parvenir à y loger.

Un biologiste britannique du nom de Jeremy Wade a donc eu à enquêter sur le sujet pour les River monsters (Animal Planet). Il affirme donc ceci :

les candirus ciblent généralement de plus gros poissons dans l’objectif de consommer le sang de leurs branchies. Mais il peut arriver qu’ils se trompent. Et c’est d’une telle erreur que résulte la légende selon laquelle un homme en train d’uriner dans les eaux douces aurait vu un candiru nager vers son pénis, pour le parasiter.

Le docteur en biologie souligne donc qu’il peut arriver que le petit poisson fasse des erreurs d’interprétations. Ce qui, par ailleurs, lui sera sans aucun doute fatal, puisque le canal de l’urètre est trop petit pour que le parasite puisse se retourner. Un candiru qui adopte ce mode de parasitage, par mégarde, ne pourrait alors pas en survivre. Toutefois, avec ou sans ce « vampire », il serait préférable d’éviter de jouer dans les eaux troubles du fleuve Amazone. Entre les sangsues et les serpents, sans oublier les moustiques, le danger n’est jamais loin dans ces zones.

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